Améliorer la VO2max

La VO2max (consommation maximale d’oxygène) est la composante essentielle des activités physiques et donc de votre préparation physique, car quelque soit l’effort et son intensité, le muscle consomme de l’oxygène pour produire ou récupérer de l’énergie. Chez de nombreux athlètes, le facteur limitant de la performance est la VO2max, bien avant les autres qualités qui monopolisent souvent l’attention du sportif au détriment de l’essentiel ! Il est donc essentiel d’améliorer la VO2max, pour gagner en performance.

La VO2max c’est quoi déjà ?

Avant d’expliquer la VO2max, il est important de rappeler le principe des filières énergétiques. Lors d’un effort physique, la fabrication (métabolisme énergétique) et le type de carburant utilisé (substrat énergétique) pour produire l’énergie vont dépendre de l’intensité de l’effort. Il existe deux filières énergétiques pour produire de l’énergie : la filière aérobie qui utilise l’oxygène de l’air, et la filière anaérobie qui n’utilise pas d’oxygène en ce qui concerne les efforts très intensifs. Plus l’effort sera intense et plus l’organisme aura besoin d’énergie. Passée une certaine intensité, la filière aérobie ne pourra plus subvenir à elle seule aux besoins énergétiques, l’organisme atteint alors la VO2max qui est la limite physiologique de l’organisme à pouvoir assimiler suffisamment d’oxygène pour produire l’énergie dont le corps a besoin. La VO2max s’exprime en litres d’oxygène par minute rapporté à l’unité de masse corporelle qui s’exprime en ml/min/kg.

Exemple de VO2max d’athlètes connus :

Nom Sport Précision VO2max (ml/min/kg)
Bjørn Dæhlie Ski de fond Plusieurs fois champion olympique 90
Miguel Indurain Cyclisme Vainqueur du Tour de France 88
John Ngugi Athlétisme Champion olympique du 5 000 mètres 85
Dave Bedford Athlétisme Champion du monde sur 10 km 85
Steve Prefontaine Athlétisme 1 Mile international en 3.54,6 84
Lance Armstrong Cyclisme Septuple vainqueur du Tour de France 84
Joan Benoit Athlétisme Marathon en 2:24.52 78
Bill Rodgers Athlétisme Marathon en 2:09.27 78
Sebastian Coe Athlétisme Record du monde sur 1 Mile international 77
Grete Waitz Athlétisme Record du monde marathon 1980 73
Frank Shorter Athlétisme Champion olympique de marathon 1970 71
Derek Clayton Athlétisme Record du monde marathon 1969 69

* Source Wikipédia

La VO2max est le facteur limitant de nombreux sportifs, car c’est la barrière physiologique de l’endurance, mais également de la récupération lors d’efforts intensifs. Nos muscles consomment également de l’oxygène en phase de récupération, il est donc capital d’améliorer la VO2max pour développer ses qualités athlétiques !

Comment améliorer la VO2max ?

Théoriquement, un sportif entraîné peut maintenir un effort à VO2max entre 3 et 12 minutes, cette valeurs est très variable d’un individu à l’autre. Le travail de la VO2max est donc double : améliorer la valeur de référence et développer la capacité à maintenir la VO2max pendant une certaine durée. Pour développer ces qualités, la majorité des entraînements actuels s’appuient sur le fractionné à allure constante, avec des durées d’efforts qui varient entre 30s et 4min, et des temps de récupération calibrés entre la moitié et le double du temps d’effort. Le fractionné court permettra d’améliorer la VO2max en valeur, et les fractionnés longs permettront de développer la capacité à maintenir la VO2max pendant une certaine durée.

Cependant, plus le temps de récupération des fractionnés est important (>30″), plus on assiste à un phénomène de variation de la fréquence cardiaque et de la VO2max, car ces deux paramètres évoluent conjointement. Par conséquent, le sportif ne reste pas une valeur de VO2max maximale pendant toute la durée des fractionnés.
Pour remédier à cette contrainte, les entraîneurs se sont progressivement tournés vers les fameuses séries 30/30 appelées interval training, avec une phase de récupération active. Le principe est de maintenir la fréquence cardiaque (et la VO2max) à une valeur maximale en augmentant l’intensité des phases de récupération, tout en réduisant la durée des phases intensives. Les entraîneurs proposent même des séances encore plus intenses (110 voir 120% de la VMA) avec des temps d’effort encore plus courts (entre 10 et 25 s). L’enchaînement d’un certain nombre de séries permet de travailler plus longtemps à VO2max que sur un effort continu (non fractionné), ces durées à VO2max peuvent durer jusqu’à 30 minutes chez les sujets très entraînés.
Ces méthodes d’entraînements ont démontré leur efficacité, cependant le travail à haute intensité entraîne une forte sollicitation musculaire qui occasionne des temps de récupération plus longs que des séances à intensité réduite. Nous pouvons donc nous interroger si il n’existe pas des méthodes alternatives qui permettent de travailler longtemps à VO2max sans utiliser de hautes intensités, et ainsi réduire les temps de récupération tout en maximisant le travail de la VO2max ?

Quel est le procédé le plus efficace ?

Partant d’un constat simple : le cÅ“ur dispose d’un délai de réponse à l’effort de quelques dizaines de secondes, alors comment jouer sur ce paramètre pour baisser en intensité tout en restant à VO2max ?
La réponse se trouve dans la progressivité, et oui tout simplement. Plutôt que de couper ou d’augmenter brutalement une allure, il suffit de la faire varier progressivement en accélérant ou décélérant, car le cÅ“ur s’adapte de manière homogène à une sollicitation avec une certaine inertie.

Partons sur notre exemple de séance de 30/30, qui consiste après 5 minutes d’échauffement, d’alterner 30s à 100% de vos capacités et de 30s de récupération active où vous conservez une certaine allure. Sur un modèle progressif, nous gardons le même canevas, à la différence prêt que les 5 minutes d’échauffement ne se feront plus à allure constante, mais à allure progressive, ou vous passerez d’un footing lent à une allure rapide à la fin des 5 minutes, pour arriver progressivement à une valeur proche de votre FCmax. Pour les 30/30, plutôt que de courir à allure constante, alterner 30s d’accélération progressive jusqu’à 95% (de votre VMA) puis 30s de décélération progressive jusqu’à une allure modérée (75% de votre VMA). N’oubliez pas les 10 minutes de retour au calme en fin de séance !

Le concept est de partir d’une FC proche du maximum avant d’alterner progressivement les allures, pour rester à une FC proche du max.

Quels sont les bénéfices de cette nouvelle méthode d’entraînement progressif ?

Comme votre cÅ“ur s’adapte de manière homogène à l’intensité de l’effort avec un temps de décalage, il va avoir tendance à s’adapter à la progressivité en augmentant sensiblement son nombre du pulsations comparativement à des allures constantes, et donc vous resterez à un pourcentage de VO2max plus élevé (proche de 100%), avec des intensités légèrement plus faibles. Deuxième constatation, si on fait une moyenne des intensités, vous passez moins de temps en zone de forte intensité (>=100%), et donc l’effort sera moins traumatisant pour vos muscles avec une production d’acide lactique moindre, ce qui permet de récupérer plus rapidement de votre entraînement (de 30 à 50% plus rapide).
Les chercheurs travaillent actuellement sur le sujet, et cherchent à valider sur le plan pratique, les meilleurs modèles d’entraînement utilisant le principe de progressivité de l’effort pour améliorer la VO2max.

Cependant, n’oubliez pas que le développement de la VO2max doit être couplée avec des entraînements classiques, dont notamment du travail au seuil et de puissance, indispensable pour maintenir des allures élevées.

A propos de l'auteur

Julien Chef d'orchestre du projet, Julien est le président fondateur de Fysiki. Julien est avant tout un sportif complet qui a développé un savoir faire multi-sports. Ancien gymnaste, Julien pratique le hockey sur glace depuis une dizaine d’années, il a également concouru trois années au niveau national en VTT. Julien se concentre actuellement sur le développement d’une condition physique polyvalente, maillant le VTT, le trail avec de la musculation au poids de corps, et un zeste de CrossFit. Venez vous entraîner avec Julien sur Fysiki

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14 commentaires
Loic — 18/01/2011 @ 12:12

Bonjour,
je souhaitais suivre le testing R2PH l’année dernière, mais j’ai trouvé que la prise d’information était trop contraignante à mon goût ! Ces méthodes sont intéressantes cependant si elles nécessitent une mise en place aussi complexe, je reste sur mon bon vieux 30/30. A ce sujet, vous ne parlez pas des cibles, mais les intensités progressives sont destinées à une cible préférentielle ?
Merci,
Loic de Rouen

CoureurDu68 — 18/01/2011 @ 4:06

Super intéressant votre approche, je suis curieux de tester cette méthode ! Bon pour le R2PV je crois que c’est un peu trop pour moi…
Mais vais tester votre exemple !

Julie Bartoldi — 18/01/2011 @ 5:05

si je comprends bien, il faut accélérer et puis ralentir entre chaque fractionné ? C’est marrant comme approche, j’essaye ce soir ;-)

florent ligney — 18/01/2011 @ 9:55

l’avantage du 30/30 c’est qu’il permet également de travailler l’explosivité, car on sollicite le coeur pour des accélérations brusques. j’ai remarué que quand mon entraineur me faisait travailler sur des intervalles courts (15 à 30s), j’encaissais beaucoup mieux les attaques lors des phases de baston pour s’échapper. Les attaques fusent de tous les côtés pendant plusieurs minutes, et si on veut participer au festival, il faut être capable non seulement de suivre les à-coups mais en plus les créer.

Votre technique plus progressive risque d’être moins performante sur ce plan là.

pat — 18/01/2011 @ 10:11

j’ai pas bien compris, il faut quoi exactement pour récupérer plus vite ?

Julien — 18/01/2011 @ 11:30

@Florent effectivement, la progressivité va avoir pour conséquence de sensiblement réduire la puissance musculaire. Mais comme l’indique le titre de l’article, nous voulions présenter la technique la plus appropriée pour développer la VO2max. Il est indéniable que cette méthode doit être couplée avec le développement des qualités de puissance, de seuil et de rythme !
A ce sujet, un article est en rédaction « Comment développer les différentes qualités athlétiques » !

Mat — 19/01/2011 @ 1:46

mon coach m’avait fait essayer ce type d’entraînement, mais sur des intervalles plus court 20″/20″ et 15″/15″, ce qui permet de garder des intensités plus élevées. L’idée était de faire des fractionnés pendant environ 20 minutes avec des courts temps de repos de 30″ tous les 4/5 minutes. Même si l’entraînement est original, c’est vraiment chiant de faire varier les vitesses en continue… Personnellement, j’avais demandé à mon coach pour reprendre un entraînement à allure constante !
Mais concrètement, ça change quoi de faire varier les intensités, c’est la FC qui change c’est ça ?

Loic Vasseur — 19/01/2011 @ 8:58

je rebondis sur votre article, car j’avais déjà entendu parler de cette « fameuse nouvelle » méthode, je voulais juste préciser que les personnes qui prétendent l’avoir inventées n’ont pas regardé plus loin que le bout de leur nez ! Je pratique le cyclisme sur route depuis plus de 15 ans dont 5 en nationnal, et il y a 10 ans déjà, mon entraîneur me faisait travailler sur des accélérations et décélérations pour apprendre à gérer les variations de rythme… Peut-être que la méthode n’était pas aussi perfectionnée, mais je peux vous garantir que principe n’est pas nouveau ! J’ai l’impression que dans le sport on remet au goût du jour les anciennes recettes pour se faire mousser… C’est pas contre Fysiki que j’en ai, il ne faut pas le prendre mal !

Cela n’enlève pas la qualité de vos articles, je pousse souvent des coups de gueule, c’est Loic, mais je reconnais que vous faites un super boulot. J’aime ce que vous faites, car c’est différents à mes yeux ! Déjà car sur votre site, il n’y a pas plein de pub qui clignote, ça peut paraître con ce que je dis, mais aux yeux des visiteurs c’est très important, ça montre que vous n’êtes pas là pour grappiller partout le moindre euro ! J’ai appris plein de truc grâce à vous, donc continuez comme ça les gars.
A plus, Loic.

Julien — 19/01/2011 @ 9:59

@pat c’est tout simple, le principe est de faire du fractionné court, par exemple du 30/30, et au lieu de courir à allure constante du accélère et décélère progressivement, entre ta vitesse max (exemple 15km) et vitesse minimum (exemple 10km).

@Mat c’est vrai que ce n’est pas facile au début de bien maîtriser ce procédé ! Comme je l’ai précisé en fin d’article il est capital de faire d’autre type d’entraînement !
Au niveau de la FC, ce qui change c’est qu’elle aura moins tendance à faire le yoyo, en restant à une valeur proche de ta FCmax (si tu réalises correctement l’exercice).

@Loic c’est vrai que certains entraîneurs utilisent depuis longtemps ce principe. Je me souviens qu’il y a plus de quinze ans, en camp d’entraînement en hockey sur glace, nous faisions déjà de l’intervalle court avec variation d’intensité. Mais l’objectif n’était pas les mêmes, et surtout les entraîneurs n’avaient pas à disposition les résultats scientifiques sur le sujet…

Jul88 — 21/01/2011 @ 12:33

Tres bien votre article.
Si je comprend bien, 30 s j accélére progressivment / 30s allure normal , 30s décelleration progressive / 30 s allure normal , et ainsi de suite

Par contre pouvez vous me donner un exemple de seance de fractionné et d…e HIIT, sachant que je cours en général 60 min.
Combien de fois par semaine dois je faire ce type de seance ???.
Et sur combien de temps????pas plus de 30min c’est ca????

Autre chose, comment calculer ca VMA et FCM.???

Julien — 21/01/2011 @ 9:44

@ Jul88 pas tout à fait, il faut accélérer et décélérer en continu, c’est à dire pendant 30s tu accélères jusqu’au max, puis tu décélères progressive pendant 30s jusqu’à une allure cool. Il faut enchaîner les variations d’allures sans temps de repos.
Pour la réalisation de la séance, tu peux faire 5 x 30/30, puis faire une pause de 30s (trottinant doucement), puis refaire 4x cette enchaînement (environ 20 minutes d’effort) !
Pour calculer ta VMA et VO2max, tu peux soit faire un test sur un stade : tu fais 2000m à fond, soit 5 tours de stade (pour un stade de 400m), ta VMA sera ta vitesse moyenne (déduit de ton temps sur 2000m). Autrement, tu peux faire un semi-cooper : tu cours à fond pendant 6 minutes, ta VMA sera simplement la distance parcourue en mètre divisée par 100 (exemple : 1500 = 15 km/h). Pour déduire ta VO2max, tu multiplies ta VMA par 3,5, et voilà le tour est joué, bonne course ;-)

Jul88 — 21/01/2011 @ 11:22

Oki c cool mecton. Merci pr toute c info.
Par contre pr la FCM , tu fais commen pr la calculer???
Peut par etre idiot … Desolé!!!

Julien — 23/01/2011 @ 10:58

@ Jul88 il n’y a pas de question bête, tout le monde apprend un jour ;-)
Pour ta FCM, il te faudra impérativement un cardio par contre, je plus simple est de directement la mesurer pendant de demi-cooper. C’est simplement ta fréquence max enregistrée, tout simplement !
Bonne chance ;-)

Thor_Mika — 30/01/2011 @ 7:45

En voilà un article complet ! j’ai dû l’relire 2 fois pour tout bien comprendre ! Mais c super intéressant ! Je ne connaissais pas bien ce que signifiait vo2max. Merci.



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