L’échelle des intensités d’effort en cyclisme

Si vous vous entraînez, c’est dans un objectif précis : développer votre puissance, votre tolérance aux lactates, votre capacité aérobie, etc… En fonction de votre objectif, vous adaptez vos entraînements pour développer vos qualités, mais connaissez-vous les différentes intensités d’effort qui permettent de calibrer votre entraînement ?

Chaque intensité aura une répercussion bien précise sur votre organisme,  il est indispensable de bien connaître ces intensité pour construire votre entraînement. Plusieurs chercheurs se sont penchés sur le sujet, les recherches les plus abouties sont incontestablement celles réalisées par Fred Grappe en 1999 avec l’échelle « ESIE « . Fred Grappe est Docteur en Science, Ph.D (Biomécanique et Physiologie de l’Entraînement Sportif) à l’UFR-STAPS de Besançon, il est également l’entraîneur de l’équipe cycliste professionnelle « La Française Des Jeux » et il intervient en tant que conseiller scientifique à Fédération Française de Cyclisme.
Ses travaux sont devenus de véritables références dans le cyclisme moderne, beaucoup d’entraîneurs calibrent leur programmation sur l’échelle ESIE (Estimation Subjective de l’Intensité de l’Exercice).

Ce modèle propose sept intensités :

  • I7 – intensité maximale – Qualité de puissance Anaérobie alactique (explosivité) : 180-300% de PMA – 5 à 7 secondes  (sprint court, démarrage). Impression d’un exercice en apnée, aucune douleur musculaire, séance type Force-max.
  • I6 – intensité sous-maximale – Qualité de Puissance Anaérobie lactique (tolérance aux lactates) : 100-180% de PMA – durée de l’effort 30’’-1′ max (long sprint). Souffrance extrême durant l’exercice proche de la nausée avec hyperventilation en fin d’exercice, séance type Tolérance aux lactates.
  • I5 – intensité sur-critique – Qualité de Puissance Maximale Aérobie (PMA) : 90 à 100% de PMA (96% < FCMmax < 100%) – durée de l’effort de 5-10 minutes. Apparition rapide de douleurs musculaires très importantes avec épuisement complet entre 5′ et 10′, séance type PMA / Force sous-max / Vélocité.
  • I4 – intensité seuil – Qualité de Puissance Aérobie : 75 à 90% de PMA (92% < FCMmax < 96%) – durée de l’effort de 20-50 min. Apparition progressive de la douleur musculaire avec un épuisement important à partir de 20′, séance type Seuil / Force sous-max / Vélocité.
  • I3 – intensité soutenue – Qualité de d’Endurance (capacité aérobie n°3) : Intensité endurance haute de 60 à 75% de PMA (85% < FCMmax < 92%) – durée de l’effort de 1 à 2 heures. Début des douleurs avec épuisement sur 2 heures,  séance type Rythme /Force sous-max / Vélocité.
  • I2 – intensité moyenne – Qualité d’Endurance (capacité aérobie n°2) : intensité endurance moyenne de 50 à 60% de PMA (75% < FCMmax < 85%), durée de l’effort de 2 à 4 heures. Léger essoufflement, conversation, type de séance endurance de base, endurance critique intermédiaire.
  • I1 – intensité légère – Qualité d’Endurance (capacité aérobie n°1) : intensité endurance basse < à 50% de PMA (75% < FCMmax), durée de l’effort supérieure à 4h00. Pas d’essoufflement et aucune douleur musculaire avec un pédalage décontracté, séance type Endurance de base, Décontraction, Régénération.

Vous remarquerez qu’une intensité correspond à une plage de fréquence cardiaque, mais également à un pourcentage de PMA. Pour respecter cette échelle, vous pouvez travailler à la sensation, un cycliste moyen arrivera facilement à se situer dans les échelles basses, ce qui est moins évident pour les échelles hautes (de i5 à i7). Pour cela, je vous recommande de vous repérer à partir des durées possibles des différentes intensités. Pour les plus méticuleux d’entre vous, tournez-vous vers du matériel spécialisé pour acquérir un cardiofréquencemètre ou un capteur de puissance encore plus précis.

Vous l’aurez compris, l’échelle ESIE est indispensable pour calibrer correctement votre entraînement, dans un prochain article, nous nous focaliserons sur les méthodes d’entraînements pour développer efficacement les différentes qualités du cyclistes, restez connecté ;-)

A propos de l'auteur

Julien Chef d'orchestre du projet, Julien est le président fondateur de Fysiki. Julien est avant tout un sportif complet qui a développé un savoir faire multi-sports. Ancien gymnaste, Julien pratique le hockey sur glace depuis une dizaine d’années, il a également concouru trois années au niveau national en VTT. Julien se concentre actuellement sur le développement d’une condition physique polyvalente, mêlant le VTT, le trail avec de la musculation au poids de corps. Venez vous entraîner avec Julien sur Fysiki

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8 commentaires
Marc — 27/10/10 @ 11:05

Bonjour, je voulais savoir, les plages de fréquence cardiaque s’appliquent-elles à tous les niveaux de pratique, je pense principalement aux plages hautes qui sont parfois difficiles à respecter pour les cyclistes moi confirmés ?

Julien — 28/10/10 @ 10:46

@Marc ton retour est très juste, chaque sportif est différent et il dispose de caractéristiques physiologiques qui lui sont propres ! Cette échelle s’applique pour des athlètes entraînés, si tu as un niveau intermédiaire, il sera plus difficile de respecter les plages d’intensités. Pour étalonner cette échelle, tu peux réaliser un test très simple : après avoir déterminer ta FCMax et muni d’un cardio, roules à 100% de tes capacités pendant 6 minutes. Une fois l’effort réalisé, prends ta fréquence cardiaque moyenne sur l’effort FCMoy et calcules un coefficient d’écart C = 96 – FCMoy. Ensuite, soustrais le coefficient C aux différents plages pour avoir la valeur qui te correspond !
Ce concept est bien évident une approche vulgarisée, néanmoins il est très efficace sur le terrain, et en fonction de la progression, tu peux rajouter tous les mois 1% pour revenir aux valeurs de références.

CoureurDu68 — 28/10/10 @ 3:51

ça marche aussi en course à pied ?
Personnellement, moi qui cours pas mal en vallonné, je ne peux pas suivre tous les programmes calibrés sur la VMA, que me conseillez-vous ?

Julien — 28/10/10 @ 3:56

@CoureurDu68 le principe d’échelle des intensités s’applique également à la course à pied, attention cependant aux plages des intensités qui ne sont pas les mêmes pour le rythme cardiaque, et la PMA sera remplacée par la VMA. Je rajouterai spécialement un article pour toi sur l’échelle des intensités pour la course à pied, cela répondra à ta deuxième question ;-)

ALIBABA — 21/03/11 @ 11:28

il existe aussi une methode pour calculer les %de frequence cardiaque en tenant compte de la frequence au repos laquelle est la plus juste

Julien — 22/03/11 @ 10:13

@ALIBABA sur le plan pratique, le calcul de plage avec le principe de fréquence cardiaque de réserve atteint beaucoup plus vite ses limites… L’idéal est de calculer sa plage en tenant compte de son seuil anaérobie i4, qui peut se déterminer avec un effort maximum de 20′, il faudra alors prendre la FC moyenne pour connaître ce seuil.
Pour le reste, je reste plus que septique des diverses méthodes, qui ne reflètent pas les intensité de l’effort sur le terrain…

Comment s’entraîner lorsque l’on manque de temps « Fysiki — 06/05/11 @ 8:18

[...] est constitué de 8 intervalles de 20s « Ã  fond » (i5) et 10s lent (i1). Selon votre état de forme vous pourrez répéter cela jusqu’à 6 fois en [...]

Préparer le Roc d’Azur en 8 semaines « Fysiki — 10/08/11 @ 7:09

[...] dans le détail, un petit rappel sur une notion qu’un cycliste doit connaître par cÅ“ur : l’échelle des intensités d’effort. En plus de l’échelle des intensités, nous utiliserons également les notions de cadence [...]



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